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Optimiser la consultation avec son oncologue : un petit pas pour le patient, un grand pas pour la qualité des soins

Dans un monde médical de plus en plus sous pression, où les oncologues avouent un niveau de burn-out préoccupant, la qualité de la communication entre soignant et patient est devenue une urgence… et une opportunité.

Et si on apprenait à tirer le meilleur parti des 20 précieuses minutes de consultation oncologique ? Le Dr Theunissen nous invite à repenser ce moment-clé, à le préparer comme on préparerait un rendez-vous vital — car c’en est un.

Un système sous tension, des liens à retisser

L’ASCO (le grand congrès mondial des oncologues) rapporte que 54 % des oncologues se sentent épuisés au moins une fois par semaine, et que près de 30 % vivent un véritable burn-out.

Dans ce contexte, il est compréhensible que certains patients ne se sentent pas écoutés ou soutenus comme ils le souhaiteraient. Pourtant, une communication de qualité, bienveillante et claire, améliore la qualité des soins tout en réduisant les coûts humains et financiers.

Créer un véritable partenariat de soin

Un soin de qualité, c’est un partenariat. Le médecin doit comprendre l’angoisse du patient, son désarroi face à un vocabulaire complexe et à un mode de vie bouleversé. Et le patient, de son côté, gagne à percevoir que son médecin n’est pas un robot : il est aussi humain, porteur de décisions lourdes, de responsabilités écrasantes, et tributaire d’une médecine en constante évolution.

Ce lien d’empathie réciproque ouvre la voie à un échange plus juste.

Préparer sa consultation : un geste concret, un gain réel

20 minutes, c’est peu. Pour qu’elles soient réellement utiles, il est essentiel de préparer la rencontre :

  • Noter les questions prioritaires à poser.
  • Vérifier que les résultats d’examens sont bien disponibles.
  • S’assurer, si besoin, auprès de l’infirmière coordinatrice que l’oncologue a bien tous les éléments.

L’objectif est de ne pas perdre de temps en discussions secondaires. Faire de ces minutes un espace de co-décision.

Être bien accompagné·e… mais pas à n’importe quel prix

Le Dr Theunissen recommande d’être accompagné lors de la consultation, car l’émotion peut brouiller la compréhension. Mais attention : dans les moments sensibles, mieux vaut venir avec une personne qui ne soit pas trop proche affectivement.

Pourquoi ? Parce qu’on risque alors de vouloir la protéger… et d’éviter les questions difficiles mais essentielles. Une personne un peu plus “neutre” permet parfois plus de lucidité et de liberté de parole.

Devenir acteur de son parcours

Préparer ses questions, comprendre ses options, discuter activement avec son médecin : c’est ainsi que le patient passe de “malade passif” à “acteur éclairé” de son traitement.

En conclusion

Optimiser sa consultation, ce n’est pas en faire trop. C’est faire mieux, avec ce qu’on a. C’est transformer un moment parfois redouté en un espace de dialogue et de confiance.

Dans un système parfois bousculé, la qualité relationnelle reste un soin en soi. Et elle commence souvent par un carnet de notes, une voix qui ose poser ses questions… et une écoute à construire à deux.

“On ne vient pas pour subir, on vient pour discuter de ce qui est le mieux pour soi à ce moment-là.” – Dr Theunissen

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