Il y a des mots qu’on pense connaître. Des mots qu’on a déjà utilisés mille fois dans une vie.
Et puis un jour, on les vit autrement.
La fatigue, par exemple.
Avant la maladie, quand on disait « je suis crevée », c’était souvent une fatigue qu’on comprenait : trop de travail, trop de choses à gérer, pas assez de sommeil. Une fatigue qu’on savait réparer avec du repos ou un week-end plus calme.
Mais quand le cancer arrive, on découvre une fatigue complètement différente.
Je me souviens d’une femme qui m’a dit un jour :
« Je dors, je me repose, et pourtant je me réveille fatiguée. C’est comme si mon corps n’avait plus de batterie de secours. »
Et c’est exactement ça.
