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La dimension systémique du cancer : quand la maladie touche tout le monde

Une maladie ne bouleverse pas qu’un corps. Elle secoue tout un écosystème.

Quand une personne tombe malade, ce n’est jamais « juste elle » qui est touchée. La maladie agit un peu comme un caillou jeté dans l’eau : il y a l’impact, puis des ondes, qui s’élargissent et atteignent le couple, les enfants, les parents, les amis, les collègues. Tout le monde est concerné, mais pas de la même manière, ni avec les mêmes ressources.

On parle beaucoup des traitements, des effets secondaires, du corps malade. Mais on parle moins de ce qui se passe autour, dans les relations, dans le quotidien. Et pourtant, c’est fondamental.

Le couple

Dans le couple, quand l’un tombe malade, l’autre devient souvent aidant. On ne partage plus seulement des projets, mais aussi des traitements, des doutes, des peurs. La tendresse peut se transformer en soin, le désir peut vaciller, le corps change et le lien peut changer aussi.

Mais le couple peut aussi se renforcer, devenir plus vrai, plus fort, à condition de réapprendre à communiquer et de nommer ce qu’on ressent. On n’exprime pas toujours l’amour de la même manière dans un couple. Certains ont besoin de mots, de présence émotionnelle. D’autres montrent leur amour en étant dans l’action, en organisant, en portant la logistique.

Parfois, l’un a besoin de bras, et l’autre offre des solutions. Ce n’est pas de l’indifférence, c’est souvent un décalage de langage. Et c’est important de le redire : être aidant, ce n’est vraiment pas facile. Les aidants aussi ont besoin de soutien.

Les enfants

Les enfants voient tout, ressentent tout, même et surtout ce qu’on ne dit pas. On croit parfois les protéger en cachant, mais ils imaginent souvent pire. Ils observent les silences, les visages fatigués, les changements de rythme.

Un enfant a besoin de vérité, mais d’une vérité adaptée à son âge évidemment. De mots simples. De repères. Et du droit de poser des questions et surtout répondez à leurs questions avec des mots adaptés à leur âge.

Tous les enfants réagissent différemment : certains se replient, d’autres deviennent très demandeurs, d’autres semblent indifférents. Ce sont des mécanismes de protection. Un enfant n’a pas besoin d’un parent parfait, mais il a besoin d’un parent vrai, aimant, présent autant que possible.

Les amis et la famille

La maladie peut parfois révéler. Certaines amitiés deviennent des piliers lumineux, d’autres s’éloignent, souvent par maladresse ou par peur.

Une amie qui envoie un message chaque semaine, un copain qui organise la logistique sans qu’on demande, une présence simple et constante… ça peut vraiment tout changer. Et puis il y a la double peine : on peut être malade et aussi perdre certaines relations. C’est douloureux, et c’est normal que ça fasse mal.

Dans la famille aussi, les réactions peuvent être très contrastées. Il y a ceux qui veulent tout contrôler, ceux qui minimisent pour se protéger, ceux qui donnent des conseils non sollicités. Et parfois, c’est important de poser ses limites, même avec amour, juste pour se protéger. Chacun doit finalement un peu trouver sa place…

Choisir ce qu’on garde près du cœur, et ce qu’on met un peu à distance, c’est aussi prendre soin de soi.

Le travail

Au travail, l’entourage peut être une bouée de normalité… ou un poids de plus. Certains managers et collègues se montrent profondément humains, d’autres peuvent éviter, comparer, ou minimiser. De nouveau par manque de connaissance souvent, par peur ou maladresse.

Quand c’est possible, créer un dialogue, poser ses besoins, être reconnu dans sa réalité change beaucoup de choses.

Je vous invite vraiment à regarder les vidéos enregistrées avec Magali sur ce site.

Les sœurs et les frères de combat

Et puis il y a ces liens si particuliers, ceux avec des personnes qui ont traversé la maladie. Elles comprennent sans qu’on explique. Elles parlent le même langage et ça fait vraiment du bien. J’invite vraiment à partager avec des personnes qui ont traversé la même tempête, ces liens ne remplacent pas les autres, mais ils les complètent. Il y a des groupes de soutien, des maisons de ressourcement, des groupes de parole et rares sont les personnes qui ne trouvent pas de réconfort dans ces liens.

Choisir comment s’entourer

J’ai envie de conclure en disant que la maladie touche tout le monde, parce qu’elle secoue un système entier.

Ce qui compte, c’est de pouvoir choisir ce qui est bon pour soi : choisir les liens qui soutiennent, ceux qui respectent le rythme, la dignité, l’humanité. Et surtout se rappeler qu’on n’est pas obligé de traverser tout ça seul.

 

Delphine Remy

https://cancer-je-gere.blog/

Delphine

On parle beaucoup des traitements, des effets secondaires, du corps malade. Mais on parle moins de ce qui se passe autour, dans les relations, dans le quotidien. Et pourtant, c’est fondamental.

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