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L’oncogénétique, c’est quoi ?

L’oncogénétique : une spécialité au cœur de la prévention

Lorsqu’on parle de cancer, on pense spontanément aux traitements, à la chimiothérapie, à la chirurgie, aux protocoles médicaux. On pense moins souvent à la génétique, et pourtant elle occupe aujourd’hui une place centrale dans la compréhension et la prévention de certaines formes de cancer.

Daphné t’Kint de Roodenbeke est oncologue médicale depuis 2012 et spécialisée en oncogénétique. Cette discipline étudie la part héréditaire des cancers. Contrairement à une idée reçue, la majorité des cancers ne sont pas héréditaires. Ils sont principalement liés à des facteurs environnementaux et multifactoriels. Mais environ 5 à 10 % des cancers ont une origine génétique transmissible.

Ce pourcentage peut sembler faible. Pourtant, pour les familles concernées, l’enjeu est immense.

Qu’est-ce qu’un cancer héréditaire ?

Un cancer héréditaire est lié à une mutation génétique constitutionnelle. Cela signifie qu’un défaut génétique est présent dans l’ADN dès la naissance, transmis par le père ou la mère.

Cette mutation n’est pas une maladie en soi. Elle constitue un facteur de risque. Elle augmente la probabilité de développer certains types de cancers au cours de la vie.

Les cancers héréditaires sont souvent plus précoces. On observe parfois plusieurs cas dans une même famille. C’est souvent ce contexte familial qui amène à consulter en oncogénétique.

L’identification d’une mutation génétique se fait par une prise de sang. Les techniques actuelles permettent un dépistage précis et de plus en plus accessible.

La notion de risque : une réalité scientifique… et personnelle

Parler de risque en cancérologie est toujours délicat. Le risque est un chiffre, issu d’études scientifiques, mais il est vécu comme une réalité profondément intime. Une personne dont la mère, la sœur et la tante sont décédées d’un cancer ne percevra pas un chiffre de la même manière qu’une personne sans antécédent familial.

Lors d’un conseil génétique, on ne transmet pas simplement un pourcentage. On accompagne une décision. On explique ce que signifie porter une mutation. On discute des options.

Car identifier une mutation ne condamne pas. Cela permet d’adapter le dépistage.

Dépistage intensif ou chirurgie préventive ?

Selon le type de mutation, différentes stratégies peuvent être proposées.

Dans le cas du cancer du sein héréditaire, par exemple, on peut mettre en place un dépistage radiologique intensif : imagerie tous les six mois, IRM, mammographie. L’objectif est de détecter le plus tôt possible une éventuelle anomalie.

Dans certains cas, une chirurgie préventive peut être discutée. L’exemple le plus connu reste celui d’Angelina Jolie, qui a choisi une double mastectomie prophylactique après avoir appris qu’elle portait une mutation BRCA avec un risque estimé à 80 %.

Ce choix a profondément transformé la perception publique de l’oncogénétique. Il a aussi légitimé une option qui, autrefois, semblait radicale.

Aujourd’hui, ces décisions sont prises dans un cadre réfléchi, accompagné, personnalisé.

L’oncogénétique au service des traitements

L’oncogénétique ne concerne pas seulement la prévention. Elle influence désormais les choix thérapeutiques. Connaître le statut mutationnel d’un patient permet parfois d’orienter vers des traitements spécifiques. Certains médicaments ciblés sont particulièrement efficaces en présence de certaines mutations.

La génétique est ainsi devenue un outil thérapeutique, en plus d’être un outil de prévention. Elle place le patient au centre d’une médecine plus personnalisée.

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