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La notion de risque en oncologie

Le choc du diagnostic et l’ombre du retour

Lorsqu’un cancer est diagnostiqué, il surgit souvent comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. Après le choc initial vient une autre question, plus insidieuse : et s’il revenait ?

La notion de risque de récidive devient alors centrale dans le parcours de soin. Elle accompagne le patient bien au-delà du diagnostic et des traitements.

Daphné t’Kint de Roodenbeke, oncologue médicale, explique que les traitements proposés après une chirurgie – chimiothérapie, hormonothérapie ou radiothérapie – ont souvent pour objectif principal de réduire ce risque de récidive.

Ces traitements, appelés traitements adjuvants, visent à diminuer au maximum la probabilité que la maladie réapparaisse. Ils sont proposés sur base de grandes études scientifiques et de données internationales qui permettent d’estimer le bénéfice potentiel pour les patients.

Les chiffres : utiles mais parfois difficiles à appréhender

En cancérologie, on parle souvent en pourcentages. Par exemple, un médecin peut expliquer qu’un patient présente un risque de récidive estimé à 5 %. Un traitement peut alors permettre de réduire ce risque de moitié.

Certains patients réagissent alors en disant : « 2,5 %, ce n’est pas grand-chose par rapport aux effets secondaires du traitement. »

Mais il est important de comprendre que la récidive, lorsqu’elle survient, survient à 100 %. On ne récidive pas « un peu ». C’est cette réalité que les oncologues gardent en tête lorsqu’ils recommandent certains traitements.

Les chiffres sont basés sur des études portant sur des milliers de patients et permettent d’orienter les décisions médicales. Mais ils restent des moyennes statistiques. Chaque individu reste unique, avec son histoire, sa santé globale et ses facteurs personnels.

Le rôle actif du patient dans son parcours

Un point essentiel dans l’approche de Daphné t’Kint concerne la place du patient dans son parcours de soins.

Les statistiques ne prennent pas en compte tous les éléments de la vie quotidienne : l’alimentation, l’activité physique, la gestion du stress ou encore la qualité du sommeil. Pourtant, ces facteurs peuvent jouer un rôle important dans la tolérance aux traitements et dans la qualité de vie.

Revenir au centre de sa santé signifie aussi agir sur ce qui peut être modifié. Un patient qui arrive en meilleure condition physique et psychologique tolère généralement mieux les traitements et les étapes du parcours oncologique.

Cette implication du patient participe à une vision plus globale de la médecine, où les traitements ne sont pas les seuls leviers de la prise en charge.

Une relation de confiance entre patient et oncologue

L’oncologie moderne ne se résume pas à l’application de protocoles médicaux. Elle repose aussi sur une relation de confiance entre le patient et son oncologue.

Lorsque Daphné t’Kint propose un traitement curatif, elle s’appuie sur des données scientifiques solides. Mais elle rappelle également que la décision finale appartient toujours au patient.

Il peut parfois exister une tension naturelle dans cette relation. Le médecin est convaincu de l’efficacité d’un traitement, mais il doit aussi respecter la liberté de choix de la personne qu’il accompagne.

La discussion devient alors essentielle : expliquer les bénéfices attendus, les effets secondaires possibles et l’impact potentiel sur le risque de récidive demande à la fois précision et empathie.

La décision partagée : un pilier de l’oncologie moderne

Aujourd’hui, la décision partagée est devenue un principe fondamental en cancérologie.

Le patient n’est plus considéré comme un simple receveur de traitements. Il devient un véritable acteur de sa prise en charge. Les choix thérapeutiques se construisent dans le dialogue, en tenant compte des valeurs, des préférences et du contexte de vie de chacun.

Cette approche permet de mieux adapter les traitements à la réalité de la personne et de renforcer le sentiment de compréhension et d’implication dans le parcours de soins.

Une médecine de plus en plus personnalisée

Les progrès scientifiques ont profondément transformé l’oncologie au cours des dernières années.

Grâce aux avancées en génétique et en biologie moléculaire, les traitements deviennent de plus en plus ciblés. On ne traite plus uniquement un type de cancer comme un « cancer du sein » ou un « cancer du rein ». On analyse également les caractéristiques biologiques spécifiques de la tumeur.

Cette médecine personnalisée permet d’adapter les traitements au profil du patient et d’améliorer leur efficacité tout en limitant certaines toxicités.

L’oncologie évolue ainsi vers une médecine de précision, dans laquelle chaque décision thérapeutique est ajustée au plus près de la situation individuelle.

Rémission ou guérison : des mots qui comptent

Enfin, la manière dont on parle de l’évolution de la maladie a aussi une importance.

En oncologie, le mot « guérison » est utilisé avec prudence. Pour certains cancers, après un délai précis sans récidive, il est possible de parler de guérison. Pour d’autres, le risque persiste sur une période plus longue. On utilise alors le terme de rémission.

Cette nuance peut avoir un impact psychologique important pour les patients. Retrouver confiance en la vie fait souvent partie du travail de reconstruction après la maladie.

L’objectif n’est pas d’effacer complètement l’incertitude, mais d’apprendre progressivement à vivre avec elle, tout en retrouvant des repères et une stabilité.

Pour aller plus loin

Pour approfondir la notion de risque en cancérologie et comprendre comment la génétique influence certaines décisions médicales, vous pouvez écouter ce podcast consacré à l’oncogénétique et la notion de risque.

Lien vers un podcast sur l’oncogénétique et la notion de risque :

Et celui-ci parle plus en profondeur de la décision partagée en oncologie.

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