La prise de décision partagée (Shared Decision Making) est un processus collaboratif où le médecin et le patient échangent des informations afin d’arriver ensemble à une décision éclairée.
Elle repose sur trois principes clés :
Dans le domaine de l’oncologie, les décisions thérapeutiques sont souvent complexes, impliquant un arbitrage entre bénéfices, risques et qualité de vie. Une étude menée par The Dartmouth Institute for Health Policy & Clinical Practice (2017) a révélé que 30 % des patients estiment ne pas être suffisamment impliqués dans ces décisions, ce qui peut engendrer frustration et incompréhension.1
Les bénéfices de cette approche sont nombreux :

Un parcours structuré permet d’accompagner cette prise de décision :
Ces outils, tels que ceux développés par The Ottawa Hospital Research Institute 2, sont basés sur des recherches approfondies et ont démontré leur efficacité dans de nombreuses études. Par exemple, une recherche publiée dans The British Medical Journal en 2019 a révélé que les patients utilisant ces outils étaient 47 % plus enclins à choisir un traitement qui correspondait à leurs valeurs personnelles et qu’ils se sentaient mieux préparés à discuter avec leur médecin.
En pratique, ces outils peuvent prendre plusieurs formes :
Malgré ses bénéfices, cette approche rencontre plusieurs freins :
Une méta-analyse publiée dans The Cochrane Database of Systematic Reviews (2018), basée sur l’examen de 105 études impliquant plus de 31 000 patients, a démontré que l’utilisation d’outils d’aide à la décision améliore significativement la compréhension des patients, réduit l’incertitude et renforce leur engagement dans le processus décisionnel.3 Une étude publiée dans The Journal of the American Medical Association (2020) a montré que les consultations intégrant une prise de décision partagée augmentent de 20 % l’adhésion thérapeutique des patients et renforcent la relation de confiance avec les soignants.4
Certains défis structurels existent aussi :
Enfin, une question éthique demeure : jusqu’où peut-on aller dans la prise de décision partagée, notamment lorsque le patient refuse un traitement recommandé par les guidelines médicales ?
L’essor de la prise de décision partagée illustre une évolution majeure de la médecine moderne. De plus en plus d’hôpitaux et d’institutions de santé intègrent ces principes dans leur formation et dans l’organisation des soins. L’Organisation mondiale de la santé recommande aujourd’hui que cette approche soit intégrée dès la formation des médecins et soignants.5 Ces observations rejoignent une méta-analyse parue dans Health Affairs (2021), qui souligne que les pratiques de décision partagée améliorent non seulement l’expérience patient, mais aussi les résultats cliniques, tout en réduisant les recours médicaux inutiles.6
Le patient n’est plus un simple spectateur de son traitement, mais un acteur à part entière. En tenant compte de ses préférences et de ses valeurs, la médecine devient plus humaine, plus respectueuse et plus efficace.
Si vous souhaitez en apprendre plus sur la décision partagée patient médecin, j’ai réalisé une interview passionnante avec Yves Libert, psycho-oncologue à l’Institut Jules Bordet et Caroline Pescher, patiente partenaire. Je vous invite à cliquer ICI ou sur le player ci-dessous.
Delphine Remy
https://cancer-je-gere.blog
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