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Le Scanxiety ou peur terrassante des journée de contrôle

C’est quoi le Scanxiety ?

Aujourd’hui, je veux vous parler d’un phénomène que beaucoup de patients atteints de cancer connaissent, mais dont on parle encore trop peu : le Scanxiety.

Ce mot vient de la contraction de scan et anxiety : l’angoisse des examens de contrôle. Cette peur, c’est une peur viscérale, une angoisse qui peut être écrasante, parfois même paralysante, et qui touche presque tous les patients qui ont traversé un diagnostic de cancer.

Pourquoi ressent-on le Scanxiety ?

Parce qu’un jour, un scanner ou une prise de sang a bouleversé notre vie. Ce n’était pas un simple examen de routine, c’était l’examen qui a changé notre histoire, qui nous a projetés dans une réalité qu’on n’avait jamais envisagée, celle d’une maladie qui, potentiellement, pouvait nous être fatale.

Et le corps, lui, n’oublie rien. Même quand tout semble aller mieux, que les traitements sont terminés, que le cancer est derrière nous – ou que l’on vit avec un cancer stabilisé – chaque examen de contrôle réactive ce traumatisme. Il nous replonge dans cette incertitude, dans cette attente insoutenable où tout peut basculer de nouveau en quelques secondes.

Quand ressent-on du scanxiety ?

Le Scanxiety ne se limite pas au jour de l’examen. Il peut commencer des jours, voire des semaines avant. On pense à la date qui approche, on essaie de ne pas y penser, on refoule, on occupe son esprit… mais l’inquiétude est là, tapie dans l’ombre.

Attention, tout le monde ne vit pas ce que je dis de la même manière, pour certains c’est très handicapant, pour d’autres cela est plus gérable.

Les symptômes physiques du Scanxiety ?

Et cette peur, elle ne se manifeste pas seulement dans la tête, elle s’ancre dans le corps.

  • Palpitations, souffle court, oppression dans la poitrine.
  • Douleurs abdominales, nausées, voire vomissements.
  • Tremblements, insomnies, crises de panique.
  • Pour certains, des douleurs fantômes, celles qui rappellent les premiers symptômes du cancer.

Les symptômes psychiques du scanxiety ?

Psychiquement, c’est tout aussi intense : l’irritabilité, l’angoisse permanente, la difficulté à se concentrer, la sensation d’être sur un fil, de marcher au bord d’un précipice.

Et ce qui est très particulier avec le Scanxiety, c’est cette ambivalence étrange : on veut passer l’examen pour être rassuré, mais en même temps, on redoute ce moment plus que tout. On veut savoir, mais on ne veut pas savoir.

Et puis vient l’attente des résultats. Une attente qui peut être une véritable torture mentale.

Est-ce que cette peur est légitime ?

Et c’est ça que je veux vous dire aujourd’hui : cette peur est NORMALE.

C’est une réaction naturelle à un traumatisme. Ce n’est pas un manque de courage, ce n’est pas une faiblesse, ce n’est pas “psychoter pour rien”. C’est une réponse biologique et émotionnelle logique à une expérience qui nous a marqués au plus profond de nous-mêmes. L’annonce d’une maladie potentiellement mortelle !

Alors non, vous n’êtes pas “trop stressé”, vous n’êtes pas “dans l’exagération”, et ce n’est pas juste “dans votre tête”. C’est réel, c’est profond, et c’est légitime.

Comment gérer le Scanxiety ?

Alors, que faire ? Comment vivre avec cette peur qui revient, encore et encore, à chaque contrôle ? Je tiens à dire que pour beaucoup, elle s’atténue avec le temps.

D’abord, nommer cette peur. Lui donner un nom, c’est déjà lui enlever un peu de son pouvoir. C’est se dire : “Ok, ce que je ressens a un nom, et d’autres personnes le vivent aussi.”

Ensuite, anticiper et organiser ses journées de contrôle pour garder un maximum de contrôle sur ce qui peut l’être :

  • Demander à son médecin comment et quand on recevra les résultats. Attendre un appel sans savoir quand il viendra, c’est infernal. Pouvoir fixer une date et une heure, ça peut déjà soulager une partie de l’angoisse.
  • Si possible, programmer les examens tôt le matin, pour ne pas passer la journée à angoisser.
  • Se préparer un rituel apaisant avant et après : une séance de respiration, un moment cocooning, un rendez-vous avec un ami juste après, quelque chose de réconfortant.
  • Éviter les décisions importantes ou les situations stressantes juste avant ou juste après. On allège sa charge mentale autant que possible.

Et puis, il y a toutes les méthodes de gestion du stress : la méditation, l’hypnose, l’EMDR pour travailler sur le traumatisme, l’exercice physique qui aide à évacuer l’angoisse.

Parler aussi. Échanger avec d’autres patients, avec des professionnels, avec des amis qui comprennent. Parce que le pire, dans le Scanxiety, c’est le sentiment d’être seul avec cette peur.

Un dernier message pour vous qui nous lisez…

Le Scanxiety, ce n’est pas “juste du stress”. C’est une vraie réalité émotionnelle et physique qui fait partie du parcours du cancer, que l’on soit en rémission ou en traitement.

On peut apprendre à mieux le gérer, à mieux le comprendre, à ne pas le subir passivement. On peut créer des stratégies, des routines, des espaces de parole pour alléger ce poids.

Alors, si vous ressentez cette peur, sachez que vous n’êtes pas seul.e, que vous n’êtes pas faible, et que vous avez le droit de la ressentir.

Prenez soin de vous, soyez bienveillants avec vous-même, et souvenez-vous que vous êtes bien plus forts que cette peur. 💛

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