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L’activité physique adaptée : un soin à part entière pendant le cancer

On parle souvent de médicaments, de protocoles, de traitements… mais de plus en plus de professionnels affirment avec conviction que l’activité physique fait pleinement partie de la prise en charge du cancer.

Ingrid de Biourge, kiné spécialisée en oncologie, le répète avec fermeté et douceur : l’activité physique n’est pas un “plus”, c’est une composante essentielle du soin, à chaque étape. Pas pour faire des performances. Juste pour remettre un peu de mouvement, un peu de souffle, un peu de vie dans la maladie.

Bouger, oui. Mais sans pression.

Le message est clair : il n’y a pas de moment idéal pour commencer l’activité physique. Le meilleur moment, c’est aujourd’hui.

Cela ne veut pas dire tout donner, ni se forcer à courir un marathon. Il s’agit de faire au mieux, selon ses capacités du jour, même si cela ne dure que dix minutes (notamment après les chimiothérapies). Une petite marche, un peu de mouvement à la maison, une promenade avec un proche… tout compte.

L’activité physique, ce n’est pas du sport

Pas besoin d’aller à la salle de sport ou d’enfiler un legging dernier cri : toute mise en mouvement compte.
Faire le ménage, marcher avec quelqu’un, jardiner, jouer avec ses enfants… L’essentiel est de faire monter un peu le rythme cardiaque et de se reconnecter à son corps.

Se respecter... sans tomber dans l’inactivité

Pendant les traitements, certaines journées sont très dures — notamment après une chimiothérapie. Il est normal et sain de se reposer ces jours-là.
Mais attention : la fatigue chronique peut vite nous entraîner vers un cercle vicieux d’inactivité, qui affaiblit le corps… et l’esprit.

Le conseil d’Ingrid :

“Même les jours où tu es épuisé.e, viens bouger un peu dans mes exercices d’exercise medecine à l’hôpital, tu feras toujours plus que ce que tu aurais fait à la maison.”

“Exercise Medicine” : un traitement à part entière

Aujourd’hui, le consensus scientifique est clair : l’activité physique a des bénéfices prouvés sur :

  • La tolérance aux traitements
  • La qualité de vie
  • Le moral
  • La fatigue
  • Et même la survie globale

C’est ce qu’on appelle le concept “Exercise Medicine” : un véritable traitement complémentaire, qui ne remplace pas les autres soins, mais les soutient, les renforce.

Être bien accompagné : pour bouger en confiance

Beaucoup de patients s’interrogent : Est-ce que je peux bouger ? Est-ce que ce n’est pas dangereux ? Et si j’ai des métastases ?

C’est pourquoi être accompagné par un professionnel formé est essentiel, que ce soit :

  • à l’hôpital dans une structure dédiée,
  • ou à la maison avec un kinésithérapeute.

Un bon encadrement permet d’adapter l’effort, d’assurer la sécurité, et de maintenir la motivation — même dans les moments difficiles.

Pas de risque de “trop” bouger

La crainte d’en faire “trop” est fréquente, surtout chez les personnes très sportives avant la maladie.
Mais pendant les traitements, le niveau d’énergie est différent — et le vrai danger, c’est de ne plus bouger du tout.
“Tant qu’on se respecte, qu’on s’écoute, il n’y a pas de risque de “trop” d’activité physique pendant un cancer. Il y a juste à adapter.”

En conclusion

L’activité physique, ce n’est pas une case à cocher de plus. C’est une manière douce, concrète et puissante de soutenir son corps, d’honorer ses capacités, de traverser la maladie avec un peu plus de force… et beaucoup plus de souffle.

"Bouger, c’est déjà se soigner. Et ça commence par un pas." - Ingrid de Biourge

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